La guerre de 14-18 : Que retenir de ce conflit ?

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En août 1914, toute l’Europe prend feu et un conflit qui avait été imaginé court prend de l’ampleur et devient une guerre ayant traumatisé les populations du monde. En quelques semaines, le monde bascule et les bouleversements sont énormes. Par son ampleur et sa durée, cette guerre de 14-18 aura de lourdes conséquences. Découvrez dans cet article l’essentiel à savoir sur la Première Guerre mondiale.

Le déroulement de la Première Guerre mondiale

À la fin du XIXe siècle, de vives tensions se font ressentir entre les différents pays européens pour des raisons d’ordres économiques, territoriales et coloniales. En effet, la perte de l’Alsace-Lorraine par la France lors de la guerre de 1870 a laissé un désir profond de vengeance de la part des Français et une intention bien évidente de récupérer le territoire. De même les problèmes coloniaux comme la concurrence entre différents pays notamment la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Empire ottoman sur le contrôle du Maroc en 1907 et 1911. Ainsi, un regroupement en alliances militaires s’est créé dans le but de se protéger mutuellement des diverses tensions intra-européennes qui devenaient de plus en plus nombreuses. On note de ce fait deux alliances principales :

  • la triple alliance entre l’Australie-Hongrie, l’Allemagne et l’Italie
  • la triple entente formée par la France, la Russie et le Royaume-Uni.

De ce fait, l’élément déclencheur de la Première Guerre mondiale vu l’assassinat de l’héritier de l’Empire austro-hongrois François-Ferdinand. Le 28 juin 1914, un nationaliste serbe commet à Sarajevo l’acte qui va plonger le monde dans une guerre sans précédent. Logiquement, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie à la suite de l’attentat. En raison, de son alliance avec la Serbie, la Russie attaque l’Australie-Hongrie. L’Allemagne faisant partie de la triple alliance déclare la guerre à la Russie pour soutenir l’Australie-Hongrie. La France s’invite ainsi dans la bataille pour soutenir son allié la Russie et le 2 août 1914 le président Raymond Poincaré ordonne une mobilisation. Le lendemain, de cette décision, l’empire allemand prend l’initiative d’envahir la Belgique pourtant neutre et déclare la guerre à la France.

C’est le début d’un jeu d’alliances à l’échelle européenne puis mondiale avec la participation des différentes colonies de chaque pays européen, la Première Guerre mondiale débute ainsi en 1914.

Les grandes phases de la Première Guerre mondiale

Pour bien comprendre ces 4 ans de guerre, il est important de pouvoir identifier les différentes phases du conflit. Ainsi, trois phases sont à distinguer toutes avec des particularités qui démontrent que le conflit a graduellement atteint la violence qu’on lui connait.

La première phase : la guerre de mouvement de 1914 à 1915

La guerre de mouvement constitue la phase offensive de la guerre, car c’est à ce moment que d’importants déplacements des troupes sont observés. En août 1914, l’empire allemand lance une offensive dans l’est de la France à 40 kilomètres de Paris pendant que le général français Joffre concentre les troupes sur la bataille de la Marne. En raison du manque de véhicules, de multiples taxis parisiens ont été réquisitionnés pour le déplacement des soldats. Cependant, même si cette bataille tenue du 6 au 9 septembre 1914 a permis de sauver Paris, les retombées sont énormes. On note environ 500 000 soldats qui trouveront la mort. Ces offensives meurtrières ainsi que l’absence de résultat pendant la course à la mer déclenchée conduisent à une stabilisation du front de la mer du nord à la Suisse. Pour en savoir plus, le musée de la guerre de 14-18 à Meaux vous ouvre ses portes.

La deuxième phase : la guerre de position de 1915 à 1917

                             

C’est la phase défensive de cette guerre mondiale, les troupes tentent de conserver leurs positions cachées dans des tranchées. Les armées se font face et aucun camp n’est en mesure de l’emporter militairement. En dépit des conditions très dures, la boue, l’extrême proximité qui empêche toute intimité, le froid, la vie s’y organise petit à petit. En 1915, plusieurs tentatives de diversion sont mises en place sans véritables résultats concluants. L’année 1916 est marquée par une offensive des Allemands de février à décembre. La bataille de Verdun enregistre de lourdes pertes et une offensive est lancée par les alliés en juillet, la bataille de la Somme. Il s’agit sans aucun doute d’une guerre d’usure sanctionnée par un échec et à la suite de laquelle les positions conquises sont rapidement reprises.

C’est à ce moment que la guerre s’est étendue au reste du monde et que les pays européens ont fait un appel à l’aide de leurs différentes colonies. La guerre est ainsi devenue totale avec l’essor de la guerre sous-marine et la bataille navale de Jütland en mai 1916. La guerre de position prend fin en 1917 qui est une année trouble marquée par de nombreuses mutineries et les offensives inefficaces, mais meurtrières. C’est aussi cette année qui marque l’entrée en guerre des États-Unis en avril ainsi que la fin de la guerre de l’Est avec un armistice en décembre 1917.

 La troisième phase : le retour de la guerre de mouvement en 1918

En 1918, la guerre de mouvement recommence et les fronts se multiplient en Europe. L’Allemagne mène un combat sur le front ouest c’est-à-dire la France et le front est en Russie. Après quatre offensives allemandes, les alliés sous la direction de Foch reprennent le dessus au cours d’une 2e bataille de la Marne. Avec l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, le président américain Wilson déclare la guerre à la triple alliance et ordonne l’envoi de très nombreux soldats et du matériel aux différentes forces de la triple entente. Même en étant en difficulté, la triple alliance relance la guerre de mouvement avec des assauts ultimes. Cependant, c’est bien la triple entente qui sort victorieuse de cette guerre de mouvement et les Alliés finissent par obtenir une capitulation. Touchée par des mouvements révolutionnaires, l’Allemagne cède et le 11 novembre 1918, un armistice est signé à Rethondes.

Une guerre marquée par des violences de masse
                    

Le bilan de la Première Guerre mondiale permet de se rendre compte à quel point ce conflit a été d’une violence extrême à tous les niveaux.

Le génocide des Arméniens durant le conflit

Les Arméniens constituent une minorité chrétienne présente dans les montagnes du nord-est de l’Empire ottoman. Originaires du Caucase, ils ont été victimes de discriminations par la population turque majoritaire. En novembre 1914, l’Empire ottoman signe son entrée en guerre aux côtés de la Triple-Alliance. Un front s’ouvre ainsi au nord entre l’armée russe et l’armée ottomane. Suite à la défaite de cette dernière en janvier 1915 à Sarikamish, les Arméniens sont accusés d’avoir pactisé avec la Russie ce qui entraîne dès février 1915 une persécution sans fin de la minorité arménienne considérée comme ennemie à l’intérieur. En avril 1915, commencent les premiers massacres du peuple arménien avec une déportation des femmes et enfant dans les zones désertiques. En raison des massacres et privations, beaucoup trouvent la mort en route. On compte au final entre 1 et 1,5 million de victimes parmi la population arménienne.

Une guerre totale et un conflit extrêmement violent

La Première Guerre mondiale compte au moins 70 millions de soldats ayant pris part aux conflits et on compte neuf à dix millions de personnes aussi bien des soldats que des civiles ayant péri au cours de la guerre. Près de six millions de soldats en ressortent mutilés et de nombreuses familles sont meurtries. Il s’agit là d’une guerre totale qui revêt plusieurs dimensions. Elle a d’abord une dimension politique et psychologique en raison de l’usage de la propagande, de la censure, des exacerbations du devoir patriotique. Elle est également une guerre économique et financière en ce sens que des emprunts de guerre sont observés ainsi que toute une industrie entière au service de la guerre.

De même, ce conflit revêt une dimension territoriale, car tous les continents et donc de nombreux pays ont été touchés. Enfin, sa dimension humaine est due à toutes ces personnes victimes de bombardements, de vie quotidienne difficile, le génocide des Arméniens, etc.

L’Europe à l’issue de la Première Guerre mondiale

La « Der des Ders » a profondément marqué l’Europe dont les pays en sortent profondément affaiblis et l’équilibre politique est loin d’être rassurant en dépit des différents traités de paix signés. En effet, à l’issue de ce conflit, une nouvelle carte de l’Europe a vu le jour, dessinée par les pays vainqueurs. Ainsi, l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne et l’Empire ottoman disparaissent pour laisser place à de nouveaux États comme la Roumanie et la Syrie.

De ce fait, les traités signés sont à l’origine de nouvelles tensions au sein de l’Europe. L’Allemagne jugée responsable du conflit est tenue selon le traité de Versailles signé en 1919 de payer des réparations de guerre. Elle doit aussi diminuer son armée d’un maximum de 100 000 hommes et d’accepter la perte des territoires conquis comme c’est le cas de l’Alsace-Lorraine redevient ainsi un territoire français. Le pouvoir économique a également changé de main et les États-Unis sont devenus un centre financier concurrent de l’Angleterre. Les rancœurs demeurent fortes et l’Allemagne en particulier considère le traité de Versailles comme un diktat, une décision imposée par la force. Les différentes revendications nationales et communistes ainsi que les nombreuses difficultés économiques rendent la paix de 1918 très fragile.

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